Jour 8

J’ai besoin depuis toujours du bruissement de la vie autour de moi. Il me faut une voire plusieurs sources de bruit alentour afin de rester, moi, silencieuse. Les mots sont en moi, ne passent que peu la frontière de mes lèvres.

Ne sois pas si timide, m’a t’on souvent répété. Comment faire pour parler de tout, tout le temps et avec tout le monde ? Je ne ne sais pas…

Mais en ces temps d’isolement forcé, le silence pèse. le journal télévisé filme ces quartiers où les voisins à leurs fenêtres prennent des nouvelles les uns des autres. Un rendez vous quotidien  » je vais bien, tu vas bien ». Le rire est là, rassurant.

Ici rien de tout cela. Nous ne sommes pas en confinement mais en enfermement. Les fenêtres restent fermées.

Alors au jardin et par mes fenêtres grandes ouvertes les mots sortent en chapelets chantants. Le soleil et les oiseaux les méritent bien.


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