Si loin

Il parle, ses lèvres bougent

Elle n’entend pas ses mots

Le vent éteint les murmures.

Son cœur-tambour

Bat à la vitre brouillée

Aux plis de ses yeux

Se dessinent déjà

Les tourments de l’absence.

Elle pense tant à lui

Que son corps se fend

Comme un bois mort

Le temps écharpe les rêves.

Jour de pluie

Rideau de pluie incessante
Des flaques trous d’ombre

les pensées noires s’emmêlent
Au gris des rues

Les pleurs s’insinuent
Au corps douloureux

Il s’en est fallu de peu
Pour que ce matin
Elle refuse de vivre
Ce jour là.

Jour de mars

Il pleut des hallebardes dit-elle. Elle en rit intérieurement, elle pense à son chapeau rouge accroché dans l’entrée. Il lui a bien servi ce matin pour ses quelques courses. A peine sortie, un rideau de pluie battante. Passer entre les gouttes impossible. Alors ne pas courir marcher sereinement. Le rouge protège.

Une fois rentrée, elle s’est assise à son bureau.

Elle a choisi de le placer devant la fenêtre.Face au ciel et à ses facéties. Elle y verra sans aucun doute cet après-midi le reflet des nuages aux fenêtres de l’immeuble d’en face, le soleil jouer avec la pluie. Et ce sera très bien ainsi.