Vers où – Jour 13

Un grand vent

Fou, malin,

Balaie les moindres recoins

Tout vole.

Les branches ploient et protègent

Les bourgeons gorgés de vie.

Les volets claquent

Les portes battent

Le silence a laissé place

Au grondement sourd de ce nouvel ami.

Les cheveux volent

les rires s’envolent

Vers les merveilleux nuages

Qui courent

On ne sait trop vers où.

L’évolution des espaces

Les pentes noires des reliefs coulaient du ciel, lissées par des millions d’hivers. La vallée s’ouvrait, large, protégée par le piémont sur sa bordure nord. Parfois un sommet de 6000 mètres signalait sa présence. Qui s’en souciait ? Les animaux n’y montaient pas. L’alpinisme n’existait pas en ces parages. Les dieux s’étaient retirés. Des ravines griffaient les versants, comme si l’eau refusait de descendre c’est à dire de mourir. Il faisait -20 °C.

La panthère des neiges – Sylvain Tesson