Jour 8

J’ai besoin depuis toujours du bruissement de la vie autour de moi. Il me faut une voire plusieurs sources de bruit alentour afin de rester, moi, silencieuse. Les mots sont en moi, ne passent que peu la frontière de mes lèvres.

Ne sois pas si timide, m’a t’on souvent répété. Comment faire pour parler de tout, tout le temps et avec tout le monde ? Je ne ne sais pas…

Mais en ces temps d’isolement forcé, le silence pèse. le journal télévisé filme ces quartiers où les voisins à leurs fenêtres prennent des nouvelles les uns des autres. Un rendez vous quotidien  » je vais bien, tu vas bien ». Le rire est là, rassurant.

Ici rien de tout cela. Nous ne sommes pas en confinement mais en enfermement. Les fenêtres restent fermées.

Alors au jardin et par mes fenêtres grandes ouvertes les mots sortent en chapelets chantants. Le soleil et les oiseaux les méritent bien.

Vous

Je ne sais que choisir

Vos yeux renversants
Votre sourire éblouissant
Votre esprit brillant

Vos bougonnements
Vos propos choquants
Vos abandons

Je garderai tout
Un coin de rue à déjeuner
Vous en contrejour

Je vous garde comme une richesse.

(à K)

Être

Prendre soin de…

Ne pas se noyer
Dans la flaque

Ne pas perdre
Son nord

Prendre soin
D’être
Une présence
Un reflet

Soi
A la lumière du jour.