Jour 8

J’ai besoin depuis toujours du bruissement de la vie autour de moi. Il me faut une voire plusieurs sources de bruit alentour afin de rester, moi, silencieuse. Les mots sont en moi, ne passent que peu la frontière de mes lèvres.

Ne sois pas si timide, m’a t’on souvent répété. Comment faire pour parler de tout, tout le temps et avec tout le monde ? Je ne ne sais pas…

Mais en ces temps d’isolement forcé, le silence pèse. le journal télévisé filme ces quartiers où les voisins à leurs fenêtres prennent des nouvelles les uns des autres. Un rendez vous quotidien  » je vais bien, tu vas bien ». Le rire est là, rassurant.

Ici rien de tout cela. Nous ne sommes pas en confinement mais en enfermement. Les fenêtres restent fermées.

Alors au jardin et par mes fenêtres grandes ouvertes les mots sortent en chapelets chantants. Le soleil et les oiseaux les méritent bien.

Jour 7

J’ai quitté Paris il y a maintenant 8 jours. Je suis installée dans notre maison avec tous mes tissus, cahiers, crayons et autres matériaux.

Nous avons la chance de profiter d’un jardin et surtout d’espace à vivre.

Les premiers jours ont été consacrés à la mise en place du stock nécessaire à notre quotidien. Nous n’avons guère tendance à stocker et nous sommes trouvés quelque peu pris au dépourvu. Prévoir pour deux mais pour combien de temps… quels produits ? En quelle quantité ?

La vie petit à petit s’ est construite dans un confinement quasi total. Mon mari lui travaille et part pour plusieurs jours d’affilée à Paris. Ses patients pour la plupart âgés et dépendants l’attendent.

J’attends, moi, son retour. Dans l’inquiétude. Mes applaudissements de 20H00 ne sont pas vaccin.

Tenir. Mais pour combien de temps encore ? Le découragement à pénétré l’espace vide de la grande maison.

Il m’a fallu le soleil dans le jardin, les attentions de Mistie et quelques heures de Qi Gong – merci maître Ke Wen – pour reprendre pied. Planning serré pour demain, occuper la maison et les heures.

S’ancrer à la Terre.