Si loin

Il parle, ses lèvres bougent

Elle n’entend pas ses mots

Le vent éteint les murmures.

Son cœur-tambour

Bat à la vitre brouillée

Aux plis de ses yeux

Se dessinent déjà

Les tourments de l’absence.

Elle pense tant à lui

Que son corps se fend

Comme un bois mort

Le temps écharpe les rêves.

Comme tout le monde

Je fais ce que je peux. Avec mes silences et le reste. Avec mes cris d’enfant qui ne débordent plus. Je fais ce que je peux. Dans ce petit bain de cruauté et de lumière. dans les éclats de sucre et de mensonge. Dans la délicatesse. Dans la violence du temps qui piétine nos rêves. Dans nos petits pataugements précieux. Un matin après l’autre. Un oubli après l’autre. Un mot sur le suivant. Je fais comme tout le monde. Avec le ciel et sans les dieux.

Christophe Sanchez

Jour de pluie

Rideau de pluie incessante
Des flaques trous d’ombre

les pensées noires s’emmêlent
Au gris des rues

Les pleurs s’insinuent
Au corps douloureux

Il s’en est fallu de peu
Pour que ce matin
Elle refuse de vivre
Ce jour là.