Si loin

Il parle, ses lèvres bougent

Elle n’entend pas ses mots

Le vent éteint les murmures.

Son cœur-tambour

Bat à la vitre brouillée

Aux plis de ses yeux

Se dessinent déjà

Les tourments de l’absence.

Elle pense tant à lui

Que son corps se fend

Comme un bois mort

Le temps écharpe les rêves.

A l’horizontale

Sous les tuiles rouges brûlantes les murs étincelants.

Sous le ciel bleu les oiseaux ailes déployées comme de longues ombrelles.

Sous le vent léger les feuilles bruissantes des arbres.

Lorsque les pieds ne touchent pas terre, je ne suis qu’un élément parmi les autres. La vie se balance. Tantôt oui, tantôt non.

L’odeur de la terre se colle à la mémoire et ramène au chemin des herbes hautes de l’enfance. Aux abricots juteux. Aux prunes fendues sucrées qui tachent le petit débardeur blanc.

Lorsque le hamac me berce tantôt hier, tantôt demain, je ne suis que l’instant et rien ne presse.