Laisser couler

le ciel enfin
crève l’abcès

il pleut à chaudes larmes,
les siennes dit-elle.

Il a fallu ce jour entier
pour que le ciel ouvre
enfin ses valises trop lourdes.
Trop lourdes.

A en pleurer.
Les miennes, je me dis.

Nos larmes.
Larges et puissantes
comme des mains
qui supporteraient
le monde.

Comme des mains.
Y poser son visage

Et laisser couler

« E justo »
beau à nous réconcilier avec la vie.

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Lundi matin

Elle se demande
qui a bien pu pleurer autant.

Elle se dit que le plomb fondu,
forges du temps qui passe,
a saisi le ciel

dans un silence assourdissant.

Giboulées

Billes de grêle
A sa tête fendues

Faut-il qu’il y ait mystère
pour que la Belle

pédale sous les giboulées
sans perdre le sourire

Jour de mars

Il pleut des hallebardes dit-elle. Elle en rit intérieurement, elle pense à son chapeau rouge accroché dans l’entrée. Il lui a bien servi ce matin pour ses quelques courses. A peine sortie, un rideau de pluie battante. Passer entre les gouttes impossible. Alors ne pas courir marcher sereinement. Le rouge protège.

Une fois rentrée, elle s’est assise à son bureau.

Elle a choisi de le placer devant la fenêtre.Face au ciel et à ses facéties. Elle y verra sans aucun doute cet après-midi le reflet des nuages aux fenêtres de l’immeuble d’en face, le soleil jouer avec la pluie. Et ce sera très bien ainsi.