Vers où – Jour 13

Un grand vent

Fou, malin,

Balaie les moindres recoins

Tout vole.

Les branches ploient et protègent

Les bourgeons gorgés de vie.

Les volets claquent

Les portes battent

Le silence a laissé place

Au grondement sourd de ce nouvel ami.

Les cheveux volent

les rires s’envolent

Vers les merveilleux nuages

Qui courent

On ne sait trop vers où.

Laisser couler

le ciel enfin
crève l’abcès

il pleut à chaudes larmes,
les siennes dit-elle.

Il a fallu ce jour entier
pour que le ciel ouvre
enfin ses valises trop lourdes.
Trop lourdes.

A en pleurer.
Les miennes, je me dis.

Nos larmes.
Larges et puissantes
comme des mains
qui supporteraient
le monde.

Comme des mains.
Y poser son visage

Et laisser couler

« E justo »
beau à nous réconcilier avec la vie.

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Lundi matin

Elle se demande
qui a bien pu pleurer autant.

Elle se dit que le plomb fondu,
forges du temps qui passe,
a saisi le ciel

dans un silence assourdissant.

Giboulées

Billes de grêle
A sa tête fendues

Faut-il qu’il y ait mystère
pour que la Belle

pédale sous les giboulées
sans perdre le sourire