Laisser couler

le ciel enfin
crève l’abcès

il pleut à chaudes larmes,
les siennes dit-elle.

Il a fallu ce jour entier
pour que le ciel ouvre
enfin ses valises trop lourdes.
Trop lourdes.

A en pleurer.
Les miennes, je me dis.

Nos larmes.
Larges et puissantes
comme des mains
qui supporteraient
le monde.

Comme des mains.
Y poser son visage

Et laisser couler

« E justo »
beau à nous réconcilier avec la vie.

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Jour de mars

Il pleut des hallebardes dit-elle. Elle en rit intérieurement, elle pense à son chapeau rouge accroché dans l’entrée. Il lui a bien servi ce matin pour ses quelques courses. A peine sortie, un rideau de pluie battante. Passer entre les gouttes impossible. Alors ne pas courir marcher sereinement. Le rouge protège.

Une fois rentrée, elle s’est assise à son bureau.

Elle a choisi de le placer devant la fenêtre.Face au ciel et à ses facéties. Elle y verra sans aucun doute cet après-midi le reflet des nuages aux fenêtres de l’immeuble d’en face, le soleil jouer avec la pluie. Et ce sera très bien ainsi.

En altitude

Percer la membrane
Fine
Il faut sortir bientôt

Battre des cils
L’âge ne te le permet plus

Battre des ailes
Haut, haut
Monter

Quelques rase-mottes
Quand un regard, un sourire
Le permettent

Mais sinon…
Te tenir en altitude.