Comme un tissu

Vous savez, oui cet étrangeté.
Du tissu
Un tissu qui se tend
Se distend

Tu as les coudes cagneux ma petite fille, disait ma grand mère.
Le coude sort d’un coup,
Un trou béant.

Le coude libéré.

Je suis
Sortie du tissu.

Dis moi

regards coupants
sur le fil de vie.

Le verre blanc brisé
Ne porte pas bonheur
Tu le sais bien

Je me demande
quand
Les griffures d’orties
sont devenues crevasses

Y aller

Il faut. Il faut. Il faudrait.

Je. Je ne. Je ne sais pas.

Ce qu’il faut, ce qu’il faudrait

Pour que j’ai envie

D’y aller

Jour de pluie

Rideau de pluie incessante
Des flaques trous d’ombre

les pensées noires s’emmêlent
Au gris des rues

Les pleurs s’insinuent
Au corps douloureux

Il s’en est fallu de peu
Pour que ce matin
Elle refuse de vivre
Ce jour là.

loin devant

Elle se dit
qu’elle vient de vivre
une journée peu ordinaire.

un goutte à goutte
douloureux.

Elle se dit que le temps
d’hier était heureux

qu’ils étaient jeunes et rieurs
que la vie s’offrait à eux loin devant.

Ciel d’orage

Tu es mon ciel, mon orage
Je suis ta terre, ton vallon.
Tu, je,

Une prairie.
Un champ de coquelicots
fragiles mais si souples à la tempête

Un champ de blé
bruissant au vent
doré sous le soleil

Nous sommes
la vie,
passionnément.

http://dai.ly/x49d76v

Laisser couler

le ciel enfin
crève l’abcès

il pleut à chaudes larmes,
les siennes dit-elle.

Il a fallu ce jour entier
pour que le ciel ouvre
enfin ses valises trop lourdes.
Trop lourdes.

A en pleurer.
Les miennes, je me dis.

Nos larmes.
Larges et puissantes
comme des mains
qui supporteraient
le monde.

Comme des mains.
Y poser son visage

Et laisser couler

« E justo »
beau à nous réconcilier avec la vie.

http://dai.ly/x43wby8