Penses y

Étrange
Entre deux mondes

Lourd
Ciel de plomb

Longs couteaux
La liste s’allonge

Tu clignes des yeux
Dans le petit matin
Tu ris et tu pleures

Tu prendras ton élan
Enjamberas ce caniveau
Tu n’y tomberas pas
Tu es bien plus forte qu’eux
Penses y

Jour de pluie

Rideau de pluie incessante
Des flaques trous d’ombre

les pensées noires s’emmêlent
Au gris des rues

Les pleurs s’insinuent
Au corps douloureux

Il s’en est fallu de peu
Pour que ce matin
Elle refuse de vivre
Ce jour là.

loin devant

Elle se dit
qu’elle vient de vivre
une journée peu ordinaire.

un goutte à goutte
douloureux.

Elle se dit que le temps
d’hier était heureux

qu’ils étaient jeunes et rieurs
que la vie s’offrait à eux loin devant.

Laisser couler

le ciel enfin
crève l’abcès

il pleut à chaudes larmes,
les siennes dit-elle.

Il a fallu ce jour entier
pour que le ciel ouvre
enfin ses valises trop lourdes.
Trop lourdes.

A en pleurer.
Les miennes, je me dis.

Nos larmes.
Larges et puissantes
comme des mains
qui supporteraient
le monde.

Comme des mains.
Y poser son visage

Et laisser couler

« E justo »
beau à nous réconcilier avec la vie.

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Être

Prendre soin de…

Ne pas se noyer
Dans la flaque

Ne pas perdre
Son nord

Prendre soin
D’être
Une présence
Un reflet

Soi
A la lumière du jour.

Giboulées

Billes de grêle
A sa tête fendues

Faut-il qu’il y ait mystère
pour que la Belle

pédale sous les giboulées
sans perdre le sourire

D’où je suis

Tout est affaire de place.

Choix du strapontin
de la chaise ou du fauteuil.

tomber de haut ou
ras de terre un petit banc d’enfant

Une place, juste une place
où il fait bon vivre, lire

ouvrir les paquets
« textoter » avec mon Anglais préféré

« Le sac est réversible,
je t’aime ma belle »
dit-elle

« une double chance,
comme une pièce de monnaie
qui tomberait sur le chant »
dit-il

Ils sont là
où je suis,
petit banc, oui,
petit banc dans Paris.