Petit frère

19h59

Instant de grâce
La vie ouvre grand ses bras
Un petit vient, un petit frère

– Mon petit frère, mon bébé d’amour
Mon tout petit petit bébé, tu es là
a dit Lucas en riant.

Instant de grâce
La vie surprend,
suspend haut le fragile

Un petit aujourd’hui
Rejoint notre tribu

Bienvenue à Valentin

Je suis Charlie

Charlie vivra
Oui sans aucun doute

Mais surtout nous vivrons tous,
comme Charlie, debouts

Nous sommes libres
De dire, de douter, de croire
De tenir un crayon
De marcher, seules, sans crainte

Nous sommes libres
De rester décents
De ne pas faire d’amalgame
De défendre l’autre, différent.

Nous sommes redevables
De nos actes, de nos paroles
Devant nos enfants,
Devant nos petits enfants

Afin qu’ils puissent eux aussi être un jour
libres
Aimants et indépendants.

Je m’y attacherai
Sans relâche, sans haine
Pour que Lucas et les autres

Soient libres et heureux.

Article sans titre

Elle avance
Dans ce boueux
La pluie transperce sa pensée
En détrempe le sens

Il lui faut avancer
Cheveux collés
La vie est à ce prix

Elle surnage
Eaux troubles
La terre ferme écrase l’espérance
L’ancre dans l’instant

Marcher, marcher
Visage déformé
Acide hyalupresent
La vie s’efface

Elle avait imaginé
Elle pensait que
Cesser de…
Sans cesse….
Vivre sans.

Thaï

A y regarder de près
Tu vois dans ses yeux
cette langue de terre

Un trait
Un sourire

En écoutant mieux
Tu entends dans son rire
La douceur des heures

Une cascade
Un chant d’oiseau

Tu laisses alors
Au pas de la porte
Le pesant

À ses mains expertes
Ton corps s’abandonne

Tout ici se pose
Sur les pétales des orchidées
Sur les ailes des papillons.

Couleur Sépia

Je reprends un extrait de ce défi des croqueurs de mots écrit en novembre 2010.J’en écris là, la suite et la fin. Le jour hier a pris couleur Sépia. Une page s’est tournée. Des enfants ont grandi et nous avons vieilli.

 

 

« Volets fermés, chaleur des radiateurs. Je somnole, tout près d’elle…

 

Je suis arrivée là, un après-midi d’avril. Dans cette grande maison, pleine de cris, d’accords de guitare, de notes de piano.

Des petits énergumènes qui vont et viennent toujours. Des calins, des jeux dans le jardin. Des lunettes que l’on me pose sur le museau, des chapeaux sur la tête. 

Le soir, portes de leurs chambres ouvertes. Je m’y glisse et dors sur les lits. Un amour fou.

Il y a lui, le maître, mon maître ! Mon baromètre. Il fait mes jours, il me lave, me caline, me nourrit et me soigne. Il me claque le derrière quelquefois mais je l’aime inconsidérement. »

 

« La famille s’est aggrandie avec un petit, qui est arrivé il y a un an déjà. Je le suis du regard, il est aimant et m’appelle de ses sourires.

Je vieillis et la maladie s’est installée en moi. Il me faut profiter d’eux, je sens. Envahir chaque espace de leur vie et chauffer ma vieille carcasse à la leur.

Depuis quelques jours mes pattes ne répondent plus. Il me hissent, me tirent, me portent. Je me colle à eux et les voit si tristes…

 

Je suis partie ce soir et ne les verrai plus. Je suis dans le fond du jardin à l’ombre des feuilles rouges. Là où j’ai grandi et auprès de ceux que j’ai tant aimés. Qui prendra soin d’eux ? »

 

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