Vers où – Jour 13

Un grand vent

Fou, malin,

Balaie les moindres recoins

Tout vole.

Les branches ploient et protègent

Les bourgeons gorgés de vie.

Les volets claquent

Les portes battent

Le silence a laissé place

Au grondement sourd de ce nouvel ami.

Les cheveux volent

les rires s’envolent

Vers les merveilleux nuages

Qui courent

On ne sait trop vers où.

Jour 12

Pas de poésie ce soir.

Je suis plongée dans l’histoire de ces 15 dernières années. Nos différents premiers ministres, leurs ministres des finances, du budget et de la santé.

J’essaie de comprendre à quel moment la santé publique est devenue une affaire de déficit et donc d’économies à réaliser.

Les rapports réalisés par SECAFI sont précieux.

« Une décennie

100 000 lits supprimés

Un constat »

Source SECAFI HP mars 2016

Jour 10 – Vents

C’était de très grands vents sur toutes faces de ce monde,

De très grands vents en liesse par le monde, qui n’avaient d’aire ni de gîte,

Qui n’avaient garde ni mesure, et nous laissaient, hommes de paille,

En l’an de paille sur leur erre… Ah ! oui, des très grands vents sur toutes faces de vivants !

Saint-John Perse, extrait de Vents. 

Extrait de Art poétique

 

Si, je n’écris pas ce matin,

Je n’en saurai pas davantage,

Je ne saurai rien

De ce que je peux être.

Si j’écris, c’est disons pour ouvrir une porte.

Le plus curieux

J’ignore à quel moment se fait cette ouverture

D’ailleurs ce qui se lève c’est peut-être un rideau.

Guillevic

Jour 8

J’ai besoin depuis toujours du bruissement de la vie autour de moi. Il me faut une voire plusieurs sources de bruit alentour afin de rester, moi, silencieuse. Les mots sont en moi, ne passent que peu la frontière de mes lèvres.

Ne sois pas si timide, m’a t’on souvent répété. Comment faire pour parler de tout, tout le temps et avec tout le monde ? Je ne ne sais pas…

Mais en ces temps d’isolement forcé, le silence pèse. le journal télévisé filme ces quartiers où les voisins à leurs fenêtres prennent des nouvelles les uns des autres. Un rendez vous quotidien  » je vais bien, tu vas bien ». Le rire est là, rassurant.

Ici rien de tout cela. Nous ne sommes pas en confinement mais en enfermement. Les fenêtres restent fermées.

Alors au jardin et par mes fenêtres grandes ouvertes les mots sortent en chapelets chantants. Le soleil et les oiseaux les méritent bien.