A l’amitié

(…) Je voyais la troupe fantasque
Dans l’aube terne s’éloigner.
Le dernier portait un faux nez
Et son camarade, un vieux masque,
Qu’un autre avait dû lui donner.

Folle bohème, ô ma jeunesse,
Qui t’en vas par ce froid matin,
En attendant que le jour naisse,
Qu’as-tu fait de tant de promesses
Et de tant d’espoirs incertains,
De Montmartre au Quartier latin ?

C’est toujours toi que l’on regrette
Et plus tard, lorsque l’âge vient,
On voudrait que le temps s’arrête :
Il est trop tard, nul n’y peut rien.

Francis Carco
La bohème et mon coeur


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