Pluie et dégoût

La pluie est arrivée dans la nuit

L’eau nettoie de tout
C’est ce que l’on dit souvent.

Faudrait une pluie battante.
Pour effacer ce tableau noir

Regarder toute l’horreur
Filer dans le caniveau
Et finir dans l’égout.

Tu as effleuré ses doigts
Tu as caressé sa main
Large et rassurante

Et tu te demandes
Où se porterait ton regard

Si elle ne t’ouvrait pas le chemin.

État d’urgence

Tu entends et regardes
Les images télévisées

Ce que tu vois sur l’écran
Se passe en bas de chez toi
Juste dans ton quartier

L’angoisse est là, tapie
État d’urgence de ton corps

Tu ne sais plus bien
Ce que tu fais dans ce monde là.

Faux semblants

Elle se lève et range tout
une chape de brouillard déposée
Sur les pelotes dévidées

Cuisson à l’étouffée
Pas un son ne sort
De son corps marmite

Elle peut fermer la porte
Et sortir tranquille

Rien ne transparaîtra.