Couleur Sépia

Je reprends un extrait de ce défi des croqueurs de mots écrit en novembre 2010.J’en écris là, la suite et la fin. Le jour hier a pris couleur Sépia. Une page s’est tournée. Des enfants ont grandi et nous avons vieilli.

 

 

« Volets fermés, chaleur des radiateurs. Je somnole, tout près d’elle…

 

Je suis arrivée là, un après-midi d’avril. Dans cette grande maison, pleine de cris, d’accords de guitare, de notes de piano.

Des petits énergumènes qui vont et viennent toujours. Des calins, des jeux dans le jardin. Des lunettes que l’on me pose sur le museau, des chapeaux sur la tête. 

Le soir, portes de leurs chambres ouvertes. Je m’y glisse et dors sur les lits. Un amour fou.

Il y a lui, le maître, mon maître ! Mon baromètre. Il fait mes jours, il me lave, me caline, me nourrit et me soigne. Il me claque le derrière quelquefois mais je l’aime inconsidérement. »

 

« La famille s’est aggrandie avec un petit, qui est arrivé il y a un an déjà. Je le suis du regard, il est aimant et m’appelle de ses sourires.

Je vieillis et la maladie s’est installée en moi. Il me faut profiter d’eux, je sens. Envahir chaque espace de leur vie et chauffer ma vieille carcasse à la leur.

Depuis quelques jours mes pattes ne répondent plus. Il me hissent, me tirent, me portent. Je me colle à eux et les voit si tristes…

 

Je suis partie ce soir et ne les verrai plus. Je suis dans le fond du jardin à l’ombre des feuilles rouges. Là où j’ai grandi et auprès de ceux que j’ai tant aimés. Qui prendra soin d’eux ? »

 

Sepia--1-.JPG

 


Dans la focale des mots

guirlande-copie-3.jpg

**photo Jean-Marie Enten

 

Tu voyages,

un chemin,

mots cailloux

photographiés,

la guirlande linéaire se déroule

 

 

du Nord au Sud

dit-il

tu sens le rythme qui t’enlace

l’horizon dans l’objectif

se mire

à la couleur de tes lectures.

 

 

Pour que

Il aura fallu

 

que le ciel s’obscurcisse

que l’encre noire

seiche les yeux océans

 

 

que la Terre s’ouvre

que la chair pressée

jute des veines

 

Pour que je comprenne

qu’il n’est rien d’écrit

 

au marbre du coeur

au papier de la nappe

 

Des images et des mots…

Une vidéo comme une averse

la pluie n’est pas tristesse

 

Une giclée de mots

Des éclaboussées de photos

 

Tout se mêle

et c’est bien.

 

 

 

Ombrelles

Tombée du jour

les corolles blanches,

ombrelles de papier,

chinoisent les ombres.

MDB

13 juin 1990…

 

Il est là près de moi

Et je sais que nous allons passer

bien des années tout contre

 

13 juin 2013…

Alex mdb est là

23 ans plus tard

collé, mais pas vraiment

aimant, oui, vraiment

 

empli de ses rêves

fourmillant d’idées

pleines pelletées à la seconde

 

Alors oui la vie étonne

de tant de bonheur

 

Martin des bois

je te souhaite un très bon anniversaire

 

Alexandre,

je t’aime, mon fils.

 

L’oiseau

Fin d’après-midi studieuse. Lampe de bureau allumée. Elle pense alors à cette peur du noir qu’elle avait petite fille. Le serrement du coeur lorsqu’elle entrait dans la chambre et courait jusqu’au lit de peur que des mains sortent de dessous le sommier et l’attrapent pour l’entrainer, elle ne savait trop où.

Elle a senti ce serrement lorsque l’oiseau s’est engouffré en elle. Les battement d’ailes affolés.

Très vite l’encager. Tenir l’angoisse à distance. 

 

Des mots, ses mots. Tout s’apaise.

mort l’oiseau.