L’étranger – Baudelaire

« Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »

Charles Baudelaire – Le Spleen de Paris


7 réflexions sur “L’étranger – Baudelaire

  1. Les nuages… Il me semblait que c’était le symbole-même de la liberté. J’ai un souvenir « physique » de cette sensation quand j’étais au lycée, un jour couchée dans l’herbe le les yeux  noyés dans le ciel. Merci de ce texte ce matin.

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