Dans la nuit * funambule 56

La nuit était venue sans qu’elle s’en aperçoive, enrubannée qu’elle était dans sa maison-cocon. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas songé à ouvrir la boite grise sur la place. Elle n’en avait pas même la clé.

Le facteur était passé ce matin, elle l’avait aperçu au loin. N’avait pas imaginé qu’il avait pu déposer pour elle et son univers une enveloppe-amour.

 

Et voilà que là dans la nuit il fallait vite courir à la boite. Vite, vite, vite ouvrir l’enveloppe pour se dire…

 

Enfiler ses bottes et son manteau, chapeau rouge enfoncé sur la tête. Où donc était la clé ?

Elle passa en revue les trousseaux, celle-là pouvait convenir.

 

Elle s’enfonça dans la nuit, sous la pluie. Ne pas perdre de vue la boite-phare. Ne pas dériver. La flaque était là profonde. Les loups hurlaient à la lune. Fallait-il qu’elle l’aime pour risquer ainsi sa vie !

 

Après cinq minutes de lutte, elle atteignit le cube trésor. La clé pénetra sans difficulté aucune. Souffle retenu, le blanc d’une enveloppe dans le noir de la nuit.

 

Elle la prit tout contre elle et courut. La porte se referma. Elle se réfugia impatiente dans sa chambre.

 

Elle ouvrit alors l’enveloppe…

 

 

Cinquante et quelques funambules en habit de lumières dansèrent sur ses fils et

 

                                  des papillons multicolores quittèrent le voile pour se poser à ses lèvres et ses paupières

 

                                                         Elle la sentit alors toute proche, serrée tout contre,

 

                                                                                                     une magie…



Merci

 


 


 

 

Si * funambule 55

Je ne sais plus…

 

Et si Pelote c’était cela

Cela tout simplement

 

Simplement la vie

La vie et la pluie

 

La pluie pour le chapeau rouge

Le rouge pour se sentir vivante

 

Vivantes et désirantes…

 

 

 

doooh doooh doooh doooh

 

 

Comme un lundi

Paris,

sous la Pluie

 

Un lundi gris, souris

 

Sourire à qui ?

 

Au chapeau rouge

vissé sur ma tête…

Là au moins

Dans le ventre lourd

Courbes amoureuses

 

La vie se prépare

A éclater de mille feux

 

Loin des extravagances

d’un monde carnaval

 

La Terre tourne rond…

 

Le bleu du ciel

Je devrais

 

Tu aurais pu

 

Si seulement…

 

Au grand vent

Balayés les regrets

 

La lumière

en ondes arc en ciel

perce l’atmosphère

 

Le noir est bleu

 

Et le ciel est immense…

 

 

mots de…

oui

à la lumière des bougies

à l’oreillette du téléphone

 

des mots verts

qui ouvrent les portes

 

tout grand devant…

mots de deux * funambule 54

– Il te ferait passer les pas des portes
– j’aime bien ces mots là

– J’aimerais ne plus trébucher

 
 -et laisser échapper des lumières bleues

 
– arrondir les arrêtes des encadrures pour ne pas laisser pénetrer les épines
ou éviter les bleus aux jambes, l’electricité aux coudes

 
– passer les ronces

 
– ne pas avoir à jouer des coudes pour passer…
il te ferai le passage large, ouvert au mauve des nuits douces

 
y a t-il une porte ? Passez !
et passez, oui, passons !

 
– des tissus de soie sous nos pas

 
on ne s’y prendra pas les pieds
on ne tombera pas…

le régal du rire pas volé.
On l’a pas volé ce rire
on a assez pleuré pour ce rire là, celui là et pas un autre !
histoire de funambules un lundi soir…
On dirait que la Terre est ronde, d’ac ?