Il faudra leur dire * funambule 6

Station La Motte Piquet Grenelle

Seize heures à ma montre

J’allais au devant d’elle

 

Un rendez-vous de cinéma

On aurait dit

De ceux auxquels on ne croit pas

 

Place des Vosges, gorge sèche

Silence, on tourne

Sous les arcades, je la cherche

 

Elle est là, silhouette découpée au cutter

Elle se tourne, me sourit

Elan commun, mon coeur se serre

 

Nos corps s’étreignent

Le rimmel fout le camp

Les rires se mêlent

 

Quatre heures passées

Long métrage

A parler, à se regarder

 

Pas de texte à réciter

Juste des émotions, des mots

Des petits cailloux semés

 

Une éternité, une vie, un instant

A Paris un vingt août

Pas besoin d’écran géant

 

                      Il faudra leur dire…

 

 


2 réflexions sur “Il faudra leur dire * funambule 6

  1. Je suis bien content que ces trouvailles aient pu advenir. Elles redémontrent après Rimbaud, Gide et Cusset que la famille est le lieu de toutes les corruptions de la langue. Ton texte, simple, en atteste.

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  2. Il y a corruption de la langue dans le lieu de la famille car elle doit rester conforme à des représentations sociales et morales, à des non dits, à des secrets. La langue de la famille ne peut pas être l’expression des désirs, des fantasmes. Elle étouffe dans le corset de la bienséance et c’est en cela qu’elle se corrompt, lentement, et souvent à l’insu des locuteurs mêmes. Bien sûr, et c’est heureux, il y a toujours des exceptions, ici ou là…

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